À l’occasion de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD), entreprises et administrations sont invités à agir pour limiter leur production de déchets.
Si le recyclage joue un rôle essentiel, il ne constitue qu’une partie de la solution. Pour réduire durablement les déchets non recyclés, il est nécessaire d’agir en amont, dès l’achat des produits, puis tout au long de leur cycle de vie.
Aujourd’hui encore, de nombreux déchets générés en entreprise pourraient être réemployés, recyclés ou valorisés mais finissent dans les déchets résiduels – appelés également « tout venant » – faute de tri adapté ou d’organisation efficace. Cette situation représente à la fois un coût économique, une perte de ressources et un impact environnemental évitable.
La bonne nouvelle ? Des solutions existent. En mobilisant les achats responsables, le tri à la source, l’ensemble des parties prenantes et les bonnes filières de valorisation, les entreprises peuvent réduire significativement la quantité de déchets non recyclés et améliorer leur performance environnementale.
Les chiffres clés des déchets en entreprise
Chaque entreprise produit des déchets, quelle que soit son activité.
Dans les bureaux, il s’agit principalement de papier, carton, emballages, mobilier, équipements informatiques ou biodéchets issus de la restauration.
Dans les secteurs industriels ou logistiques s’ajoutent les plastiques, palettes, ferrailles, déchets dangereux ou encore équipements de protection individuelle.
Ces déchets représentent souvent un gisement de matières valorisables encore sous-exploité.
Plus les déchets sont correctement identifiés et triés, plus leur valeur augmente et plus les possibilités de recyclage ou de réemploi sont importantes.
À l’inverse, lorsqu’ils sont mélangés aux déchets résiduels, ils deviennent une charge supplémentaire et alimentent l’incinération ou l’enfouissement.
Premier levier : prévenir les déchets grâce aux achats responsables
Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas
La stratégie la plus efficace pour réduire les déchets consiste à éviter leur production.
Chaque produit acheté mobilise des ressources naturelles, de l’énergie, du transport et génère potentiellement un déchet en fin de vie.
Avant même de réfléchir au recyclage, les entreprises peuvent donc s’interroger sur leurs pratiques d’achat :
- Ont-elles réellement besoin du produit ?
- Existe-t-il une alternative réutilisable ?
- Une solution de réemploi est-elle disponible ?
- Peut-on prolonger la durée de vie d’un équipement existant ?
Intégrer l’économie circulaire dans les achats
Les achats responsables visent à intégrer des critères environnementaux et sociaux dans les décisions d’achat.
Concrètement, cela consiste à :
- privilégier les produits durables ;
- choisir des équipements réparables ;
- favoriser le réemploi ou l’occasion ;
- sélectionner des produits recyclés ou recyclables ;
- limiter les emballages ;
- privilégier les fournisseurs engagés dans une démarche environnementale.
Deuxième levier : mettre en place un tri à la source efficace
Pourquoi le tri à la source est indispensable
Le tri à la source constitue la condition indispensable à toute valorisation.
Sans séparation des flux, il est impossible de recycler correctement les matières ou de valoriser les biodéchets.
Autrement dit : sans tri à la source, pas de valorisation matière ni de valorisation organique.
Le tri permet de conserver la qualité des matériaux et d’optimiser leur réintégration dans l’économie circulaire.
Les déchets à trier en entreprise
Selon l’activité exercée, les entreprises peuvent être concernées par différents déchets, dont principalement :
- le papier ;
- le carton ;
- les bouteilles plastiques ;
- les canettes ;
- le verre ;
- les biodéchets ;
- les DEEE ;
- les piles et batteries ;
- les lampes (ampoules et néons) ;
- les cartouches et toners d’impression ;
- les palettes
Les 4 clés d’un tri performant :
Des équipements adaptés
Le tri doit être simple et accessible. Les points de collecte doivent être présents au plus près des lieux de production des déchets.
Une signalétique claire
Plus la consigne est visuelle, plus elle est efficace. Des exemples de déchets autorisés et interdits permettent de limiter les erreurs de tri.
Des consignes harmonisées
L’ensemble des collaborateurs doit disposer des mêmes informations.
Un suivi régulier
L’analyse des refus de tri, des tonnages collectés et des taux de valorisation permet d’identifier les axes de progrès.
Troisième levier : embarquer l’ensemble des parties prenantes
Une gestion performante des déchets ne repose pas uniquement sur le service environnement ou RSE.
Elle implique toute l’entreprise.
La direction donne l’impulsion
La direction définit les objectifs, met à disposition les ressources et porte les engagements environnementaux.
Son implication conditionne souvent la réussite de la démarche.
Les acheteurs agissent en amont
Leurs choix déterminent une partie importante des futurs déchets générés.
Ils jouent donc un rôle stratégique dans leur réduction.
Les collaborateurs réalisent le tri au quotidien
Ce sont eux qui effectuent les bons gestes chaque jour.
Leur compréhension des enjeux est essentielle.
Les prestataires sécurisent les flux
Entreprises de propreté, collecteurs et recycleurs permettent d’assurer une gestion efficace des déchets et leur orientation vers les filières adaptées.
La sensibilisation reste le levier le plus puissant
Même les meilleurs dispositifs de tri restent inefficaces sans adhésion des utilisateurs.
Les entreprises peuvent notamment organiser :
- des ateliers ;
- des challenges internes ;
- des visites de sites ;
- des quiz ;
- des animations SERD ;
- des campagnes d’affichage.
Quatrième levier : privilégier les modes de valorisation les plus vertueux
Tous les modes de traitement ne présentent pas le même intérêt environnemental.
L’objectif est de préserver les ressources le plus longtemps possible.
La hiérarchie des modes de traitement
- Réduire
Éviter la production de déchets.
- Réemployer
Réutiliser un produit sans le transformer.
- Recycler
Transformer le déchet en nouvelle matière première.
- Valoriser organiquement
Produire du compost ou du biogaz à partir des biodéchets.
- Valoriser énergétiquement
Produire de la chaleur ou de l’électricité.
- Éliminer
L’enfouissement représente la dernière option.
Pourquoi certains déchets ne sont-ils toujours pas recyclés ?
Lorsqu’on évoque le recyclage, beaucoup imaginent qu’une fois placé dans une poubelle, le déchet trouvera automatiquement une seconde vie. La réalité est plus complexe.
Pour qu’un déchet soit recyclé, plusieurs conditions doivent être réunies :
- il doit être correctement trié ;
- il doit être collecté séparément ;
- une filière de recyclage doit exister ;
- sa qualité doit permettre sa transformation.
Le principal frein reste le manque de tri à la source. Un carton souillé par des déchets alimentaires, un papier mélangé à des déchets résiduels ou un biodéchet jeté dans la mauvaise poubelle perdent tout ou partie de leur potentiel de valorisation.
D’autres facteurs expliquent également la présence de déchets non recyclés :
- des habitudes de consommation générant beaucoup de déchets ;
- une méconnaissance des consignes de tri ;
- un manque d’équipements adaptés ;
- une signalétique peu visible ;
- l’absence de sensibilisation des collaborateurs.
Réduire les déchets non recyclés implique donc d’agir bien avant l’étape du recyclage.
Pourquoi éviter l’enfouissement ?
L’enfouissement entraîne :
- la perte définitive de matières valorisables ;
- un gaspillage de ressources ;
- une consommation d’espace ;
- des impacts environnementaux négatifs, sur le long terme.
Que dit la réglementation sur le tri des déchets en entreprise ?
Les obligations réglementaires se renforcent progressivement afin d’accélérer la transition vers une économie circulaire.
Le tri à la source des déchets recyclables
Les entreprises doivent mettre en place le tri des principaux flux recyclables produits dans le cadre de leur activité. (Décrets 8 flux, Agec, pour les DEEE, etc.)
Le tri des biodéchets
Depuis la généralisation du tri à la source des biodéchets, les producteurs doivent organiser leur collecte séparée afin de favoriser leur valorisation organique.
La responsabilité des producteurs (REP)
La Responsabilité élargie aux Producteurs (REP) détermine que toute entreprise demeure responsable de la gestion de ses déchets jusqu’à leur traitement final.
Il est donc essentiel de s’assurer que les filières choisies assurent une valorisation conforme et traçable.
En conclusion, réduire les déchets non recyclés ne consiste pas seulement à installer davantage d’outils de tri.
C’est une démarche globale qui implique d’agir sur l’ensemble de la chaîne de valeur :
- acheter mieux ;
- consommer moins ;
- réemployer davantage ;
- trier à la source ;
- sensibiliser les équipes ;
- développer les filières de valorisation ;
- éviter autant que possible l’incinération et l’enfouissement.
À l’occasion de la SERD, chaque entreprise peut identifier ses principaux gisements de déchets, mesurer ses performances et mettre en place un plan d’action concret pour transformer ses déchets en ressources.
Vous souhaitez être accompagnés dans cette démarche de réduction des déchets non recyclés ?
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